mercredi 28 mai 2008

La main opposée au temps












La main opposée au temps

La main opposée au temps
reste soumise.

Elle s’occupe du souvenir,
ne rompt aucun silence.

Les mots dressent notre table.
En étrangers nous y sommes installés.
On se passe de pain.

Je mange à côté des mots,
Acides mélanges aftent ma langue.
Pour revenir, je pique l’ongle
sur le dos de la main.

Mes yeux fixent la dentelle
coquille d’œuf,
une sorte de lin familiale
gardien du souvenir.

Un grain de raisin éclate
entre mes lèvres,
Le jus tache ma poitrine.

Ton regard ne suit plus la morsure.

La violence maladroite s’évanouit,
aussitôt la séparation réparée.

Une secrète alliance entre nous,
s’obstine à garder dans le corps,
la mémoire vivante de notre peau.

On se vide dans les nuits complètes
On barbouille nos bouches
avec des mots de dos.

Je plie mon poignet,
le bras reste coincé
En dessous

Mes jambes se déracinent,
Je fais de l’espace à l’absence.

Ensemble on écoutera
une très belle chanson,
Sans trop bouger.

Je pousse le corps jusqu’à t’atteindre.

Tu m’écoutes ?

LM, 28 mai 2008

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