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mardi 15 février 2011

narcisse



Dans la cour un arbre a pris racine à même le ciment.
Dedans, les oiseaux ont construit des maisons.
Ils ne se trompent jamais les oiseaux si fragiles,
dans le pouvoir de traverser le monde par le haut.
Ici la tempête est venue agiter une mer
qui se lance contre un rocher lisse.
Une porte fermée de l’intérieur révèle
ses transparences liquides.
Narcisse tel un coquillage,
se décolle doucement de la vitre
et glisse à terre.
Une bulle de salive éclate au coin de sa lèvre,
sa bouche se tord dans un rictus disgracieux.
Il plie sa beauté dans un mouchoir et le sort
est enfin brisé.

vendredi 13 juin 2008












Le silence sera mon espace d’accueil

Sur ta poitrine s’imprime le relief

l’écorce d’un grand arbre.

Mon poing frappe droit dessus.

La sève coule, elle est mon sang

Aussi.

Tes yeux roulent dans les miens.

Nous sommes si bleus et complices,

Le silence dort, je veille sur toi.

On peut dire la beauté en gardant le silence.

Aujourd’hui nous vivons une mort automnale.

Ta chaleur entoure mon dos, tu creuses.

Mon souffle attends l’ordre et la caresse.

Et tu trembles comme un oiseau

Sous le gel du matin.