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jeudi 26 juin 2008

2 contos...






O Avé-Maria

Na parte oriental da cidade
havia um campo seco
onde se ouviam gafalhotos saltar
entre os ramos, estalando as patas
em mimetimos loucos.
O Avé-Maria chegou aquele deterro,
de botas pesadas e cajado ao ombro.
Arrancou ervas e ramos,
decasalando arbustros
e numa vadiagem de canas,
foi encontrar um paraiso de azedas.
Sentou_se com o Três-pernas, rafeiro de qualidade,
pelo ruivo, olho esquerdo vazio.
Ali ficaram até ao sol baixar.
O Avé-Maria lembrou-se da prisao
e como se lhe tinham secado as lagrimas.
A sua tatuagem abriu-se entao
como um livro antigo.

LM.

( Paço d’Arcos , déc. 2007)


FIAT 500
Um homem tinha um carro de estimaçao.

Chamava-lhe" mustang cor de sangue".
Todos os dias ele descia à rua
e dava-lhe uma patine
com o vernis
" Blood-red color".

A sua pequena joia, ou sonho encarnado...

era um Fiat 5OO jà sem rodas.

O homem envelheceu, o carro enferrujou,
mas ele là ia dando,
quando podia,
uma camada naquela unha de sangue.
Um dia o homem finou.
O sobrinho, um artista conceptual,
herdou do objecto de culto.

O ano seguinte, numa importante Bienal,
expôs o carro com o titulo:

" Mustang blood-red color"
( pintado com o vernis das unhas n° 54).
Ganhou o prémio Marcel Duchamp em Paris,
em 2006.

LM, dezembro 2007.


samedi 17 mai 2008

Tragédia grega















O reconhecimento na ausência

da manipulaçao dos deuses.

Envelhecido, Ulisses nao obtém

o abraço do filho,
mas sim uma esmola.

Argus, o cao, nao se deixa enganar.
Lambe-lhe a mao em sinal
de fidelidade
absoluta e morre.

O riso apanha desprevenidos
os pretendentes de Penelope.

Riem sem tino e perdem a razao.

Desfeitos na tela, o tempo e o sorriso dela.
Resta à mao bordadora, reencontrar,

o imperfeito esposo de outrora.

Escondidos nas dobras do tempo,

os elos e muitos recados .


Quando se vê um homem nu por dentro?

LM

mercredi 19 décembre 2007

La fontaine des amours



Un puits de brouillards prêts à nous étourdir de son humidité bavarde.
Ô douces querelles d'amants, roulez sur ma peau, offrez-moi votre distant passé, attendrissez mon coeur.
Vous me rendez si habille et propice à l'enflure des lèvres proches du baiser,
aux conférences intimes des mots,
léchant le fond de ma gorge et le rond palais de ma bouche.
Ma raison possède des mains moins habilles que vos récits.
De l'eau sur de l'eau coule et emballe ma nuit.
Restez dans mes bras piqués de moisissures dentelées, grattez la pierre de mes ongles avec les vôtres, je vous l'accorde et je vous le prie...faites de moi une tombe riche et ouverte à la mousse, à l'humus. Roulez vos os encore solides sur la poussière du velours qui enchante les miens. Oh ancestrale parure, pliures évanouies à mes pieds! Surtout faites éclore votre oubli sur ma tombe et avancez cette mort de mon éternité de pierre. Brisez l'horizontale attente qui me couche offerte aux regards de tous. Libérez mon âme, soulevez la dalle et laissez-moi emballer mon amant, son masque...pour écourter le jugement qui nous rendra au monde, face à face: Até ao fim do mundo. Inez, Lisboa, 25.06.01

samedi 6 octobre 2007

Le reste est silence


Le Reste est silence
( extrait)
Le bouffon, o bobo, Martin, chante la berceuse

en se frayant un chemin parmi le public.

Ensuite, après le chant, il va vers la chaise

du Roi et prend le sceptre.

Il joue autour et avec le public.


Martin :

- Je suis né triste, c’est chose rare pour un bouffon.
Ma tristesse vous fait sourire.

- Cet amour est un tourbillon d’étoiles !

- Des ailes, il me donne des ailes –

- il fait semblant de voler, sur la pointe des pieds il regarde le ciel.

- Demandez à Dieu, qui est le Roi Saudade !

- Il est le premier, le seul à placer le froid jouet de la mort sur un trône.

- Tout autour de lui reflète Inez, chaque arbre connaît la grâce de son abandon.

. Elle est le papillon de nuit pris au piège d’un pli de velours

au bas du manteau royal, un bijou greffé sur de la dentelle usée.

Ah, ah, je sens vibrer ses ailes au creux de mon pauvre cœur de bouffon !

Mon bon Roi … Pedro le « Justicier « , le « Cru «,

le jouisseur, le veneur, mon jumeau !

( Il tombe au sol ).

- Vous êtes tous venus et n’osez rien dire…

- ( il se lève ),

- regardez, regardez son chagrin dans mes yeux…

- oui, oui… vous craignez cette douleur qui assombrit mon regard.

- Sa folie et ma bosse s’accordent, elle grossit mon dos,

- elle m’habille pour la dernière des nuits.


Entre roi, D.Pedro, Martin s’adresse à lui :

- Oh, mon bon roi donne-moi du pain, du pain, je tombe!

-

- Pedro prend sa main et lui dit :

- Comme tu as maigri mon pauvre Martin, ta bosse te pique le dos…

- Martin :

- - De nous deux tu es le plus fou, le plus bossu, le plus malheureux.

- partage mon pain et mon agonie.

- Brise ton cœur de pierre et allons mourir auprès du peuplier,

- où la reine est enterrée.


Fin du monologue, le bouffon vient chercher le roi.


Le cirque est la maison du roi.

Le roi fui t incliné… il reste petit vu d’ici.

Moi je continue de désobéir au vent !

Je sais que la grande douleur est muette

et que chaque nuit possède son manteau.

Les hirondelles ont choisi cette nuit

pour trisser autour de la tombe d’Inez !

HI, HI, HI, HI, HI !!!!!!!

Son royaume s’est perdu dans le brouillard autour du Mondego.

Les spectres de la cour suivent la procession macabre.

Hallalis, Hallalis !!!!!!!!!!!

Préparez les faucons, nous allons chasser,

Une si bonne compagne pour l’éternité. la Saudade

Hallalis, hallalis….



Suit la berceuse et le thrène.


L’auteur dit un petit texte sur D.Pedro :



Dernière phrase de l’auteur :

( … ) Pedro s’habille pour l’ultime parade et déjà l’oiseau se meurt par la bouche «.


Le personnage du bouffon s’habille en roi.


Le bouffon, Martin :

- Ah! Le vent, sentez, sentez ce vent qui vient ce soir nous visiter.

Il nous glace le sang et nos pieds frappent en cadence la pierre humide.

C’est un baiser de nuit qui nous surprend, il glisse ses ailes froides

sur une main décharnée !

Aie, aie, aie … Inez se balance entre deux mondes,

son voyage prend fin au bout de cette allée.

Entre les lys vibrent des insectes pris au piège de la lumière.

Je suis celui qui a ouvert sa tombe, le temps souffre de la nuit éternelle.

Après le chœur des moines j’ai cru entendre la mer !

Oui, chaque chose regardait sa propre image,

tout devenait le miroir d’un autre et plus rien ne se fixait.

L’air sentait l’ambre et la résine, la mort aussi…


Il s’adresse à la Morte.


Dort, dort ma Reine, la quiétude du lieu te convient-elle ?

C’est moi ton Pedro, nous sommes seuls, je sens ton âme éclairant la mienne,

dans la mort tu écoutes mon désespoir.

Parler, parler, laisse ton pauvre roi te parler ;

J’ai été ton loup, le bourreau qui n’a pas su t’épargner.

Dans mon royaume tu es deux fois reine.

Tout a été bon, tout a été béni !

Ah! Coimbra était notre mère, tout a fleuri, les champs, les berges,

les places se sont remplies, le peuple te saluait.

Le fleuve éclairé par les torches s’inclinait vers nos pas qui couraient à tes côtés.

Te voilà enfin, si proche dans ton éternité de pierre !

Cet amour me fait peur, le sommeil me prend…

Inez, cette nuit nous sommes frères,

deux oiseaux morts partageant le même nid

Até ao fim do mundo.