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jeudi 1 novembre 2007

Le reste est silence, la ronde infernale


Cartas de amor de Pedro e Inez

Troisième lettre:

Sitôt le matin levé je regarde le fleuve.
Il porte la pourriture des feuilles
comme une parure un ornement.
Etincelant et brusque miroir toujours à me parler de vous.
Dieu que je suis triste de votre tristesse
quand les jours se battent avec mes nuits !
Etrange guerre que je vis ici dans ce lieu de paix si sûre.
Elle gratte à ma porte comme une bête assoiffée de sang.
Ah, que suis lasse de cette immobilité qui m’enracine à ma peine.
Je vous parle sans cesse mais l’écho court moins vite que votre cheval,
sinon monseigneur, vous auriez pu écouter enfin cette malheureuse qui vous pleure.
Ai Mondego, suis-le mon prince père heureux mais si absent, quand finira-t-il de chasser
Insouciant du danger que j’encours d’être ainsi , corps offert aux chiens du Roi ?!!!

Inez, Paris, Juin 1997

samedi 27 octobre 2007

Le reste est silence


Cartas de amor de Pedro e Inez

Première lettre :

« Depuis que vous êtes parti la fontaine des amours c’est tarie.
Ici tout est devenu lent étiré. Les pierres s’enfoncent dans le marais

honteuses de porter votre oubli.

Sur les murs se dessinent des routes griffées, poreuses.
J’y vois couler des larmes.
Aujourd’hui le soleil blesse mes yeux de sa lumière trop vive.
Je me cache dans la forêt, elle me parle, me caresse la peau.
Près de la carrière mon arbre frémit.
Je pose mon front sur son écorce, le sève monte, ma langue l’accueille.
L’amour attend votre retour pour faire jaillir l’eau à nouveau.
les seins des femmes pointent déjà, des mains se serrent.
Autour de la source un peu de mousse verte grouille de vie et de joie.
Tout bouge en cadence et m’annonce l’évanouissement du jour.
Je vous quitte, le crépuscule envahi la plaine et la maison,
notre maison, est un temple éteint.

Inez, paris, août, 1994